Présentation de la voyance dans l’antiquité romaine

La voyance est apparue dans la cité romaine antique vers la fin du règne de Tarquin le Superbe (An 500 av. J.-C.), avec la fondation de plusieurs institutions et écoles d’Etat consacrées à l’étude des oracles. Si diverses méthodes de divination se sont ainsi développées : prophéties, magie, haruspices, augures, etc., en revanche, dans la religion publique, seulement trois formes de consultations étaient officiellement reconnues : la consultation des Livres Sibyllins, la divination par les augures et l’hépatoscopie.

La consultation des « Livres Sibyllins »

La Sibylle de Cumes
La Sibylle de Cumes

Ces fameux livres de l’époque étaient l’œuvre des « Sibylles », des prêtresses de Jupiter qui exerçaient la divination. Bien qu’humaines, elles avaient acquis une dimension surnaturelle car elles étaient capables de communiquer avec les dieux.

Ces livres auraient été vendus par une vieille femme, sans doute la Sibylle de Cumes, à Tarquin, dernier roi de Rome. Ils constituaient des sources concernant la destinée que les oracles auraient voulue pour la cité romaine, et la marche à suivre lorsque se produisaient des évènements extraordinaires, des “prodiges”, tant redoutés par les romains.

Les « Sibylles » se fondaient sur l’étude des oracles zodiacaux, existant déjà à l’époque à Rome. Donc, la science des augures s’était fondée au début, avec « les Livres sibyllin » sur les douze signes du zodiaque.

La consultation de ces livres était accomplie par un autre collège sacerdotal, nommé les « quindecemviri sacris faciundis », qui accordait de l’importance aux signes se manifestant de façon spontanée.

Par exemple, en cas d’une catastrophe naturelle, les quindecemviri, sous l’ordre du Sénat, consultaient « les livres sibyllins » pour présenter, par la suite, leur réponse au Sénat et lui expliquer les causes de cette punition divine.

Les trois livres de la Sibylle auraient été finalement détruits par des fanatiques chrétiens qui jugeaient blasphématoires les textes des Livres Sibyllins, notamment lorsqu’ils prédisaient la fin de l’humanité.

La divination par les augures

Parmi les principaux fondements de la religion romaine, réside le fait de devoir préserver à tout prix « la paix des Dieux » ou « pax deorum », en latin. Il fallait pour cela agir en fonction de leurs désirs. Les romains craignaient la colère de leurs Dieux, qui risquerait d’engendrer plusieurs cataclysmes : maladies, famine, catastrophes naturelles, etc.

Pour savoir si les décisions prises étaient en accord avec les volontés divines, il était donc nécessaire de disposer de voyants capables de décrypter le message des Dieux pour le rapporter aux humains. De cette façon, la voyance n’était qu’une affaire religieuse, un art réservé aux prêtres, les seuls spécialistes chargés d’interpréter les signes divins et d’annoncer l’avenir.

C’était « le collège des augures », une assemblée de prêtres dévoués à la voyance, qui validait à tout gouvernant si la décision prise était conforme à la volonté des Dieux.

Ainsi, Dans la Rome antique, vers l’an 500 avant Jésus Christ, les décisions politiques, telles le vote d’une loi ou la décision d’engager une bataille, n’étaient vraiment prises qu’une fois les prêtres avaient consulté les dieux.

Leurs méthodes pour décrypter les messages divins étaient très simples, il suffisait d’observer le vol des oiseaux ou la façon dont les poulets mangeaient leur grain. Cette méthode de voyance est nommée « l’ornithomancie », elle considère que les oiseaux sont des êtres qui jouent le rôle de médium entre les dieux célestes et les hommes. Donc, les augures étaient plus ou moins favorables en fonction de l’appétit des volailles, du sens du vent, des directions de provenance du tonnerre et des éclairs, des lignes de la main.

En effet, la voyance par l’augure s’était renforcée dans la cité romaine après l’assassinat de Jules César. Cet empereur avait trouvé la mort de la façon exacte décrite par l’augure de Spurinna Vistritius. Par la suite, c’était le petit-neveu de Jules César, devenu l’empereur Auguste, qui avait augmenté à quinze le nombre des prêtres augures, ainsi ils avaient pris davantage d’importance.

L’Hépatoscopie

À Rome, l’hépatoscopie était un art divinatoire pratiqué par les haruspices, du 1er au 4ème siècle avant J.C. Les haruspices tiraient leur savoir des entrailles d’animaux, et tout particulièrement le foie. Ce dernier symbolisait, à cette époque, le siège de la vie et de l’âme.

C’était avec cette technique de prédiction qu’on jugeait les crimes dans la Rome antique. Cependant, les haruspices étaient consultés pour toutes sortes de raisons et même pour des questions d’ordre privé.

Au 2ème siècle avant J.C, un collège de 60 haruspices avait été mis en place, c’était ainsi que les haruspices prirent part à la vie politique de l’époque pour conseiller les gouvernants.

Quelques célèbres voyants et prédictions de la Rome antique

Incendie de Rome
Le grand incendie de Rome, qui fut prédit 5 années à l'avance par le voyant Pammène

Les romains ont hérité de la culture étrusque beaucoup de rites et de coutumes, notamment en ce qui concerne les arts divinatoires ; tels l’examen des entrailles d’un animal sacrifié (Hépatoscopie), l’examen des phénomènes naturels dans le ciel ainsi que le vol des rapaces (Brontoscopie), l’étude des phénomènes naturels inattendus ; comme un coup de foudre qui surgit par ciel clair, la mort subite d’une personnalité politique sans raison apparente.

La divination et la voyance sont bien des aspects fondamentaux de la religion et de la vie quotidienne dans la Rome antique, qu’il s’agisse de livres sibyllins, d’hépatoscopie ou d’augures.

Parmi les premiers devins romains, il y avait Vertène qui étudiant les astres et prévoyait l’avenir avec comme support les entrailles d’animaux morts.

Ensuite, vers 450-380 av. J.-C, Mystratès avait prédit que Rome, encore jusque là une toute petite ville du Latium, deviendrait la cité la plus puissante au monde.

Les deux plus célèbres devins romains étaient donc Vertène et Mystratès et ils ont laissé leurs empreintes dans l’histoire de la voyance romaine antique. Comme supports de prédictions, ils prenaient les entrailles d’animaux, les astres et les phénomènes météorologiques.

Un peu plus tard, Thrasylle était apparu, en l’an 14, avec la prédiction de la mort d’Auguste, à laquelle succède Tibère pour enfin donner libre cours à sa vengeance et tuer tous ses rivaux. Il avait été l’auteur d’autres prophéties, par exemple celle annoncée lors de la reconquête de l’Arménie par les Romains dans leur guerre contre les Parthes, et qui affirme que Paetus serait battu par les Barbares.

Thrasylle avait eu un fils, Thrasylle-le-Jeune, il l’avait initié aux sciences divinatoires et fait de lui un autre grand astrologue romain.

Plus tard, un autre voyant célèbre est venu s’ajouter à la liste, Pammène, celui qui avait prédit à Tigellinus, cinq années à l’avance, qu’un grand incendie détruirait Rome, le 14 des calendes d’août (19 juillet), et que Néron, encore puissant à cette époque, se suiciderait.

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