Histoire de la voyance

Présentation de la voyance en France

Histoire de la voyance

La voyance est la perception d’une réalité qui ne peut être vue ou sentie grâce aux cinq sens. C’est pourquoi le don de voyance, aussi appelé capacité PSI, est régulièrement comparé à un “sixième sens”. Comprendre le passé, communiquer avec les morts et les esprits, connaître l’avenir : la voyance permet d’ouvrir de multiples portes entre notre monde, et un monde parallèle auquel les médiums ont seuls accès.

L’importance de la voyance en France n’est pas à démontrer, un simple chiffre permettant d’appréhender le caractère majeur de ce phénomène : en France, on estime actuellement à 21 % des femmes et 9 % des hommes, le nombre de français ayant déjà rencontré au moins une fois dans leur vie un voyant.

Une histoire liée aux répressions religieuses

La voyance voit le jour en France avec les devins gaulois, mais c’est au contact de l’empire romain que la voyance connaît son premier véritable succès sur le territoire français. Mais cette situation qui donnait aux médiums un rôle officiel, politique, et religieux, ne dura pas.

Dans l’Europe chrétienne, la voyance était assimilée à la sorcellerie, et en ce sens était donc considérée comme une pratique diabolique, interdite. En effet, l’ancien testament de la Bible (Deutéronome 18.10-12) déclare « Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer par le feu son fils ou sa fille, qui s’adonne à la divination, aux augures, aux superstitions et aux enchantements, qui ait recours aux charmes, qui consulte les évocateurs et les sorciers, et qui interroge les morts. »

Dans ces conditions, la chasse aux sorcières et aux voyantes était menée par le pouvoir judiciaire dans presque toute l’Europe, et notamment en France, car prévoir l’avenir relevait du divin, et le fait pour un homme ou une femme de prétendre pouvoir décrypter les arcanes du futur était considéré comme blasphématoire de ce fait. Le paroxysme de la répression religieuse fut notamment atteint au cours de la période sombre de la Sainte Inquisition.

A cet égard,la pratique des arts divinatoires était réservée aux prêtres et aux religieux, comme c’était notamment le cas pendant la période antique, à l’image par exemple du célèbre oracle de Delphes dans la Grèce antique.

Interdits, pourchassés, emprisonnés, voire condamnés à mort, les voyants et médiums français n’avaient d’autre recours que de pratiquer dans l’anonymat, afin de ne pas subir la répression de l’Église catholique.

L’astrologie, support officiel de la voyance

Une autre manière de lire l’avenir connut alors un grand succès, car rattachée à une science et de ce fait légale, l’astrologie. En effet, à cette période de l’histoire de France, les astrologues étaient de véritables scientifiques, au même titre que les astronomes ou mathématiciens, et pouvaient donc exercer la divination sans être inquiété par le pouvoir. L’astrologue le plus connu reste bien entendu le fameux Nostradamus (1503-1566).

Médecin, astrologue, mais aussi prophète, Nostradamus connut la célébrité grâce à sa prophétie qui avait annoncé la mort de son propre roi, Henry II, dans un duel. Sa prédiction funeste réalisée, il fut par conséquent reconnu comme étant le plus grand astrologue du royaume de France. Son ouvrage les plus célèbres compile de nombreuses prophéties concernant non seulement l’époque dont Nostradamus était le contemporain, mais aussi le futur lointain, puisque ses célèbres quatrains concernent des événements qui iraient jusqu’aux environs de l’an 6000 de notre ère. Une preuve, au passage, que Nostradamus n’a jamais évoqué d’apocalypse en date du 21 décembre 2012, contrairement à ce qui est faussement allégué.

Au Moyen Age, l’astrologie devient ainsi le support principal des voyants. Mais pas seulement. Par extension, les voyants rapatrièrent dans le champs de l’astrologie divers outils divinatoires, traditionnellement associés à la voyance : le miroir, l’eau claire, les flammes, la lumière d’une chandelle, les cailloux, etc. Tous ces artefacts n’étaient évidemment pas liés à la position des astres, mais permettaient aux voyants de deviner l’avenir.

Malgré son interdiction et son supposé caractère démoniaque, la voyance a toujours connu en France un certain succès, et ce sont ainsi surtout les souverains qui faisaient appel à des astrologues pour les aider à déchiffrer le futur. Ces astrologues, grâce à leur titre de prêtres, avaient l’autorisation de décrypter la volonté divine et le futur. Les autres voyants qui exerçaient leur don clandestinement, étaient condamnés par l’église, et brûlés vifs pour acte de sorcellerie.

A l’époque de la Renaissance, les médecins étaient les professionnels dans l’art du décryptage des messages implicites transmis tant par les corps de leurs patients, mais aussi pas les astres. C’est le ciel qui, en partie, dictait les remèdes qu’il fallait prescrire aux patients afin de les soigner. La voyance, à cette période de l’Histoire de France, était encore liée à l’astrologie et à l’astronomie.

D’autres formes de voyance voient le jour à partir du 17è siècle

La révolution scientifique du 17è siècle coupât tout lien entre la science et l’astrologie, renvoyant la voyance dans l’anonymat. En effet, les médiums furent condamnés par ordre de Louis XIV. C’est dans cette clandestinité que vit le jour une des formes de voyance française qui par la suite devait devenir célèbre dans le monde entier.

A la fin du 17è siècle, bien qu’encore officiellement interdite, la voyance connut un essor important avec l’apparition d’une nouvelle technique de divination : la cartomancie, ou la voyance avec les cartes. Symbolisée par le Tarot de Marseille, cette voyance devint même une pratique courante.

Au 18è siècle, la voyance fut plongée dans le courant ésotérique de l’illuminisme, avec la découverte du somnambulisme magnétique en 1784. Pour exercer leurs talents de divination, les somnambules magnétiques se munissent d’un crayon et d’un papier, puis attendent qu’esprit entre en possession de leur corps pour écrire l’avenir sur papier.

Le cas d’une voyante célèbre : Marie-Anne Lenormand

Une des voyantes les plus renommées des XVIIè et XVIIIè siècles est Marie-Anne Lenormand. Cartomancienne et nécromancienne, elle aurait notamment prédit à Marat, Robespierre et Saint-Just, trois figures emblématiques de la Révolution française, qu’ils allaient connaître une mort violente. Marat fut assassiné dans sa baignoire ; Robespierre et Saint-Just furent tous deux guillotinés.

Bien que suspectée pour ces prédictions par le Comité de Salut Public, l’organe principal du gouvernement révolutionnaire, elle fut autorisée à pratiquer son activité, au point que les personnages les plus influents de l’époque venaient la consulter pour se faire prédire l’avenir.

Sa célébrité lui valut le surnom de “la sibylle de Saint-Germain des Prés“, en référence aux prophétesses de l’antiquité. L’impératrice Joséphine devint ainsi une intime de Marie-Anne Lenormand, et il paraîtrait que Napoléon en personne l’aurait consultée.

A la Restauration, Marie-Anne Lenormand émigra à Bruxelles, où elle fut arrêté en 1821 pour espionnage. Finalement jugée pour sorcellerie, elle fut libérée en 1830, date à laquelle, et jusqu’à sa mort en 1843, elle ne mit ses dons qu’au service de ses proches.

La voyance devient un vrai métier

Au milieu du 19è siècle, la voyance devient un métier à part entière. Pratiquée surtout par les femmes, elle connaît deux supports divinatoires principaux : le Tarot et la chiromancie, qui consiste à lire l’avenir dans les lignes de la main.

Au vingtième siècle, la voyance prend une place prépondérante, notamment en raison de la popularisation de l’astrologie et des horoscopes. La voyance s’invite sur les pages des journaux et magazines et dans les nouveaux médias : téléphone, radio, télévision, et aujourd’hui internet.

1994 : la voyance officiellement reconnue

La reconnaissance officielle viendra en 1994, tirant ainsi la voyance d’un anonymat forcé de presque deux mille ans. Sous l’influence du président François Mitterrand, féru de voyance et proche de la célèbre astrologue Elisabeth Teyssier, l’article du Code Pénal qui faisait de la voyance un délit est supprimé.

Dès lors, la voyance peut se montrer au grand jour, et apparaît ainsi la forme la plus aboutie de la voyance, à savoir la voyance pure. Comme son nom l’indique, elle ne repose sur aucun support comme les cartes, une boule de cristal, ou la forme des lignes de la main du consultant. Étudiée dans les universités du monde entier, même si la France est quelque peu à la traîne en la matière, la voyance est assimilée à la parapsychologie, comme le montre le documentaire vidéo publié plus bas sur cette page.

En France, les voyants les plus célèbres du 20è siècle ont pour nom Madame Soleil ou Didier Derlich.